samedi 12 mai 2012

Fantasmes de marathonien...






 










4jours 114929s






15 AVRIL 2012







Mardi 10 Avril 2012 20 H 56


Le compte à rebours n'en est déja plus un et la course se profile à l'horizon.Je me repasse le parcours pour bien me remettre en mémoire ce tracé que j'apprécie tant. 


J'ai découvert le format marathon avec Paris en 2008 , après 8 mois de course à pied seulement ! 


Une vraie révélation qui loin de m'éloigner de la course à pied , au contraire, m'a conforté dans mon envie quasi viscréale de continuer à me dépasser. 


Mercredi 11 Avril 2012 22 H 42 


Une semaine qui n'est pas évidente car le quotidien a plutôt tendance à me prendre toute l'énergie qui est la mienne. 


Difficile de se préserver pour une course comme le marathon car autour de soi la vie professionnelle et la vie tout court empiète largement. 


Ce n'est pourtant pas le moment mais je m'adapte comme je l'ai toujours fais , je me suis promis de ne plus me laisser dévorer et je vais essayer de tenir parole. 


Et mon week end de trois jours va m'y aider : le vendredi me permettra de retirer mon dossard en toute tranquilité et de bénéficier de running expo par la même occasion. 


Comme prévu je profite de cette matinée du vendredi pour retirer mon dossard et me fais une joie de parcourir les allées de Running Expo même si je sais d'ores et déja que je ne vais pas du tout trainer en route et m'économiser au maximum. 


Le trajet aller et retour en voiture ainsi que la récupération du dossard ne me prennent pas plus d'une heure. 


Sur le chemin du retour je m'étais promis de passer par mon coiffeur qui me fais une coupe règlementaire pour la course à pied , c'est psychologique mais à un moment ou à un autre cela aura son importance. 


L'après-midi se déroule tranquillement. Le repas de midi ne varie pas de ceux de la veille et de ceux que je prendrai le lendemain : pâtes complètes et allumettes de poulet, compotes et de l'eau, de l'eau et encore de l'eau ...







Plus de trois semaines viennent de s'écouler depuis le marathon de Paris (je sais j'ai bien pris mon temps pour raconter cet objectif de début d'année!) , mon marathon , c'est une évidence , j'aime cette course plus que tout autre pour tout ce qu'elle m'a déja apportée. 


Ma '' préparation  '' s'est faite au feeling , je ne sais pas faire autrement et surtout je n'en ai pas envie. 


J'ai démarré l'année avec des dossards qui m'ont , une nouvelle fois , servi d'entrainements.


J'ai suivi un parcours qui m'a préparé au minimum à la course : 
l'ice trail mi-janvier et les semis (Bullion et celui de Paris)  mi-février et début mars m'ont servi de sorties longues. 

L'Ice trail m'a donné l'occasion de démarrer tout doucement l'année par 15 kilomètres en pleine forêt sur terrain lourd (les participants de l'épreuve de 30 kilomètres étaient déjà passés par là) avec de bonnes sensations bien meilleures que l'année précédente. 


Ce parcours va très vite me donner le goût du trail et va influer sur mes choix de course pour 2012.


Près d'une heure et quarante cinq minutes d'efforts et voila les quinze kilomètres parcourus en auto suffisance et avec plaisir. 


L'auto suffisance permet de se concentrer pleinement sur la course et oblige à avoir une organisation optimale des ravitaillements : l'occasion pour moi de tester une formule sac à dos avec deux bidons de 750 ml.


Et comme d'habitude ma ceinture de triathlon porte dossard avec mes barre de pâte d'amandes, noisettes et figues et mon bidon de 500 ml à la main , ce sont les équipements communs à toutes mes courses. 


Comme très souvent en trail il n'y a pas d'affichage du kilometrage et ça me convient très bien.




ajoutée par  le 23 janv. 2012






Le mois de février ne sera pas très actif en dépenses physiques et ce pour de multiples raisons expliquées dans un précédent article (http://lebleutriathlete.blogspot.fr/2012/04/hibernation-sportive_07.html) mais je tiens à participer au semi de Bullion 









http://d1clic.nuxit.net/votresiteweb/lionsplaisir/index2.php


C'est comme cela que je conçois mon activité sportive , au service des autres et d'une cause comme celle-là. 
Il y en aura d'autres dans l'année. 


Cette course bénéficie d'un climat un peu rude : 0 degré au départ et sous un magnifique soleil et constitue un parfait compromis entre la course nature et la course sur route. 


Comme souvent je m'associe à un coureur qui a le même rythme que moi (en fait ils sont deux ) dès le début de la course. Nous allons ainsi courir ensemble sans échanger un mot jusqu'à la ligne d'arrivée. 


Cette course m'a procuré beaucoup de plaisir : bon parcours et bonne organisation donc à ne pas oublier pour l'année prochaine. 


Comme je n'anticipe rien, ni mes entraînements ni mes dossards , le prochain me permet de participer au semi-marathon de Paris le 04 Mars 2012.


J'ai trouvé une nouvelle cause à défendre qui me motive pour être présent ce jour là et mettre en avant , à travers ma course ,  l'association CAMELEON (http://www.cameleon-association.org/).



L’association Caméléon est accréditée par les services sociaux philippins pour accueillir et prendre soin des jeunes filles abusées sexuellement qui lui sont référées.
Deux maisons d’accueil leur offrent un environnement sain où elles peuvent retrouver les gestes de l’enfance : parler librement, jouer, aller à l’école et apprendre. Pour aider ces jeunes filles à atteindre un nouvel équilibre et bien-être, Caméléon a une approche globale et leur donne accès à:
  • Une éducation
  • Un suivi psychologique/psychiatrique
  • Une aide médicale
  • Un soutien juridique
  • Des valeurs
  • Des activités sportives et artistiques
Caméléon couvre les frais de scolarité, de transport, de nourriture et de logement, ainsi que l’achat de fournitures scolaires et de l’uniforme. L’aide est ajustée au cas par cas.
La réintégration
Après un séjour de trois ans en moyenne dans les maisons d’accueil, les jeunes filles de Caméléon rejoignent leurs familles (naturelles ou d’accueil) et sont réintégrées dans la communauté.
Les filles réintégrées sont toujours suivies par Caméléon et accompagnées par leurs parrains jusqu’à la fin de leur scolarité. Les assistantes sociales de Caméléon coordonnent avec les assistantes sociales des services sociaux publics affectées au quartier ou au village dans lequel vivent les enfants.

              



Comme souvent pour ce type de course je profite du vendredi pour aller récupérer tranquillement mon dossard et comme d'habitude je ne traine pas en route mais je savoure déja l'instant en prévision de la course qui partira de ce même endroit moins de quarante huit heures plus tard. 
Le samedi est l'occasion de prendre son temps et de profiter des proches mais aussi de soigner la préparation des affaires et du dernier repas avant la course. 


Pas de changement celui-ci est composé de bonnes portions de pâtes complètes et d'allumettes de poulet et de compotes de fruits. 






Je suis sur place très tôt le lendemain pour retrouver les quelques coureurs qui ,comme moi, participeront à la course sous les couleurs de l'association.C'est aussi l'occasion de retrouver quelques bénévoles présents pour nous encourager. 


Nous porterons les t-shirt de l'association , blanc en coton avec de jolis traits de couleurs. 


L'heure du départ approche et nous quittons le café , qui nous a hébergé , pour aller rejoindre la ligne de départ. 


Le semi marathon de Paris débute à l'opposé du marathon de Paris en plein coeur du bois de Vincennes , à l'est de Paris ,fait une boucle jusqu'au centre et revient sur ses pas pour permettre une arrivée quasiment devant le chateau de Vincennes et c'est ce qui fait le charme de ce parcours que je bouclerai en un peu plus de deux heures. 


Normal il s'agit depuis quelques mois de ma moyenne pour cette distance , mais je ne cherche pas la performance , seulement le plaisir d'être là avec d'autres coureurs qui , eux aussi , cherchent à se faire plaisir. 


La prochaine étape de mes course de début d'année est une course à laquelle j'ai déjà participée en 2009 : la boucle de l'eau. 



Cette course a pour objectif de récolter des fonds pour des centres d’accueil de jour des malades d’Alzheimer.




Depuis 1916, le LIONS est la mobilisation volontaire d'hommes et de femmes pour l'amélioration du cadre de vie d'autres hommes.
Pour cela, il a mené au niveau planétaire des missions d'humanité qui ont permis aux plus défavorisés de par la vie ou de par la nature de continuer d'exister dans
la fierté et le bien-vivre.

LE SOUTIEN HUMANITAIRE
Lutte contre la maladie d’Alzheimer
Maladie découverte en 1906, elle est liée à une dégénérescence de certaines cellules du cerveau. Il s’agit d’une maladie acquise, d’évolution progressive. A ce jour, elle reste irréversible. En France, 400 000 personnes sont atteintes dont 10% ont moins de 60 ans. Quelques soient les volontés et les efforts déployés par l’entourage du malade, la présence permanente auprès d’eux s’avère souvent impossible.

Dans ce but le Lions Club a fondé “Lions Alzheimer” et déjà dans notre région ont été ouverts les centres de jour de Saint Germain-en-Laye, Sartrouville, Montlignon, Pontoise. Dans ces centres, les malades sont pris en charge par une équipe compétente. Ils sont socialisés, écoutés et sécurisés et leurs familles sont ainsi pleinement rassurées.
La boucle de l’eau se veut être une occasion de sensibilisation et d’informations dans la lutte contre cette maladie et une aide à la construction et au fonctionnement de ces centres d’accueil.
L’entière implication du LIONS CLUB de Sannois, Herblay, La Frette dans l’organisation complète de “la boucle de l’eau” peut permettre, grâce aux bénéfices dégagés, d’aider à réaliser un nouveau centre de jour, situé à proximité pour que les familles puissent confier leurs malades pour quelques heures, en toute confiance, tranquillité et sérénité.


LE SOUTIEN CIVIQUE
Il faut informer les Franciliens sur l’usage de l’eau et les alerter de son état qui s’aggrave d’année en année et devient aujourd’hui un véritable problème social. Cette inquiètude est relayée par toutes sortes de médias (presse, radios, télévision...) pour éveiller le citoyen non seulement à la qualité environnementale mais également pour le sensibiliser à la conservation du patrimoine des générations futures.




J'avais vraiment apprécié cette course pour le parcours mi-campagne , mi-urbain, pour ses bénévoles aux petits soins, et surtout pour la cause qu'elle défend. 


Mon seul regret ? Que cette course ne soit pas plus connue et reconnue par les coureurs. Celle-ci est également une excellente préparation à un marathon comme sortie longue. 


Cette idée va très vite faire son chemin dans mon inconscient et je ne vais pas résister à partir à la recherche d'un dossard pour le marathon de Paris.


Il me reste à ce moment là un petit mois pour manger marathon , boire et dormir marathon et surtout une dernière ligne droite à négocier dans l'organisation de ma vie quotidienne pour que cette course soit bien plus qu'un fantasme.


Et pour bien marquer la préparation de cette course de quarante deux kilomètres et cent quatre vingt quinze mètres je vais participer à la première édition des trente kilomètres de l'eco-trail. 


Après les épreuves de quatre vingt et cinquante kilomètres vient s'ajouter celle de trente kilomètres.Celle-ci sera suffisante pour moi.



Cette distance est la grande nouveauté de l’année 2012. Ce parcours supplémentaire permet de répondre à une demande de plus en plus importante de coureurs pour les courses nature, mais pour lesquels une inscription au Trail 80 km ou au Trail 50 km n’est pas encore envisageable, surtout en début de saison. 


Avec un départ fixé le samedi 24 mars 2012 à 10h00, la course ralliera la ville de Meudon à la terrasse du Mail Branly, en ne manquant pas de traverser les communes de Chaville, d’Avray, de Marnes-la-Coquette, de Sèvres, de Meudon, d’Issy-les-Moulineaux ou encore le Domaine national de Saint-Cloud et le Parc de l’Ile Saint-Germain.
Les trailers devront boucler les 31 km avec 600 mètres de D+ en 4h30 pour revendiquer le statut de « finisher ».


Avec une distance inférieure à celle du marathon, cette course est faite pour ceux commençant à se mesurer aux Trails de longues distances. Adeptes du semi marathon mais pas encore des marathons, ces coureurs pourront se tester sur une distance encore accessible sans une trop lourde préparation.




Distance : 31km
% de chemins et sentiers : 82%
Dénivelé : 600 D+

Depuis l'Avenue du Château (Meudon 92), en passant au pied de l'Observatoire de Meudon, site magnifique, non autorisé au public, puis par la forêt Domaniale de Meudon, la forêt Domaniale de Fausses Reposes, le Domaine national de Saint-Cloud, l'Ile Saint-Germain, les quais de Seine et la Tour Eiffel, les participants au Trail 30km vont vraiment pouvoir profiter de la nature et d'un patrimoine historique toujours aussi riche !

Communes traversées* :

Km 0 Départ : Ville de Meudon (92)
Km 9 Commune de Chaville (92)
Km 13 Commune de Ville d'Avray (92)
Km 17 Commune de Marnes-la-Coquette (92)
Km 20 Domaine National de Saint-Cloud (92)
Km 26 Commune de Sèvres (92)
Km 27 Commune de Meudon (Bas) (92)
Km 28 Entrée dans le Parc de l'Ile Saint-Germain (92)
Km 29 Commune d'Issy-les-Moulineaux (92)
Km 30 Ville de Paris XV (75)
Km 31 Arrivée du Trail sur la terrasse du Mail Branly au-dessus du Port Suffren - Paris VII face à la Tour Eiffel (75)



J'avais beaucoup d'appréhension avant cette course , d'une part pour la distance , 31 kilomètres , le parcours (82 % de sentiers) mais aussi pour le déplacement en transport (train et bus) jusqu'à la ligne de départ. 


Justement la ligne de départ c'est déja une belle motivation en soi parce que situé juste devant l'observatoire de Meudon dont je défend les couleurs du club de triathlon. 
















La vue du jardin est magnifique et comme j'ai un peu de temps avant le départ et de retrouver mon ami Eric j'en profite pour marcher un peu jusqu'à l'observatoire et embrasser le paysage et cette vue extraordinaire.



Le temps est magnifique et l'instant paraît comme suspendu.L'air est frais mais vivifiant , tout cela est de bonne augure pour l'épreuve qui approche. 


Je retrouve mon ami Eric qui s'est posé beaucoup de questions quant à sa participation mais maintenant qu'il est là , plus question de reculer ! Même si nous n'en menons pas large pas question de se l'avouer , pas maintenant. 


Le départ est imminent et nous commençons à courir ensemble en queue de peloton : le premier kilomètre est en pente assez marquée et cela ne nous facilite pas la tâche. 


Eric sent que c'est difficile pour lui et pudiquement me pousse à ne pas l'attendre , une fois , deux fois ...à la troisième je passe la vitesse supérieure et vais de l'avant la mort dans l'âme. 


Le parcours est époustouflant et je pars à la découverte des 82 % de sentiers , le dernière ligne droite sera urbaine et n'est pas inoubliable. 


Par contre le passage en nature et en forêt est extraordinaire largement facilité par le temps ensoleillé et qui deviendra même chaud. 


Cette édition de trente kilomètres se fait en autosuffisance sur 21 kilomètres jusqu'au ravitaillement qui me permet de retrouver le parc de Saint cloud.







C'est un véritable paradis pour coureur dans au milieu duquel je suis souvent venu m'entraîner.
Le retrouver dans ce contexte et pour cette course tombe à pic. 


Ce ravitaillement me permet de reprendre des forces et de remplir mes bidons mais aussi d'échanger quelques mots avec d'autres concurrents. 


Je repars en ayant repris des forces et content d'avoir parcouru les deux tiers du parcours. 


Les derniers kilomètres seront moins buccoliques puisque nous remontons jusqu'à la tour Eiffel. Celle-ci comme de nombreuses courses dans Paris nous sert de repère et de boussole pour arriver jusqu'à la ligne d'arrivée. 


Je passe celle-ci après trois heures et trente neuf minutes de course.


Heureux,fourbu mais inquiet pour Eric qui n'a pas du en terminer , je l'appelle. 


Il lui reste au moins sept kilomètres , je pense fort à lui et espère qu'il va tenir jusqu'au bout ! Il lui reste cinquante minutes. 


Je prendrai de ses nouvelles un peu plus tard et il aura réussi quelque chose d'énorme : passer la ligne d'arrivée avec sa petite fille de deux ans avec quelques secondes d'avance sur le temps limite. 


Belle histoire de motivation et de persévérance. Je suis fier d'être son ami. 


Il me reste trois semaines pour laisser venir le marathon. Un seul dossard d'ici là sous la forme d'un triathlon sprint la semaine suivante (750 mètres de natation,vingt kilomètres de vélo et cinq kilomètres de course à pied) , je le raconterai plus tard lorsque j'aborderai la saison de triathlon.


Je gère au mieux le temps qui me reste jusqu'au marathon pour être le plus frais possible et cela rejoint le compte à rebours du début de l'article. 


Deux jours avant le marathon je profite d'une journée de congé pour aller chercher mon dossard et préparer mes affaires à la maison. 


La veille , je cale un petit footing de 5 kilomètres tout juste en vingt huit minutes , c'est le rythme idéal que je me suis fixé , même si je ne veux pas me fixer d'objectif horaire. 


La nuit précédent l'épreuve me permet de bien dormir et c'est bien avant cinq heures du matin que j'ouvre les yeux.


Je suis serein et heureux , heureux d'être là , d'être vivant et d'avoir les moyens physiques de participer à cette aventure. 


Le petit-déjeuner est le même que tous les autres matins de l'année , je ne déroge pas à cette règle mais pour les prochaines courses vais essayer de me lever plus tôt pour permettre me permettre de mieux digérer. 








La départ de la course est prévu à 08 H 45, je suis au parking à dix minutes de la maison avant 07 H 00 du matin. Il reste quelques places mais le niveau du parking est déjà bien rempli, il sera vite complet. 

Je termine ma préparation et n'oublie rien de ce qui me sera utile pendant toute la course y compris mon bracelet DATA VITAE et prends mon temps pour me diriger vers le départ bouteille et bidon à la main. 
Le temps est glacial (pas plus de 7 °) et un vent qui va nous donner un ressenti plus froid encore. Je réalise très vite que j'aurais du être un peu plus prévoyant pour ma tenue de course.
La foule est, comme d’habitude, incroyablement compacte lorsque l'on arrive sur les Champs Élysées et comme convenu je me dirige vers le point de rencontre fixé avec mon ami Fabrice.

Ce marathon a le goût de l'amitié puisqu'en plus de Fabrice je peux compter sur Philippe, Eric et sa famille pour le trentième kilomètre mais aussi ma femme et ma fille à l'arrivée. 

Avec des soutiens pareils je devrais pouvoir voler jusqu'à l'arrivée. 

Bon ce n'est pas exactement ce qui s'est passé. 

Le départ est interminable : je suis allé, comme prévu, dans le sas des quatre heures et je passe, au gré des vagues successives, la ligne de départ trente cinq minutes après les premiers. 

Cela me laisse le temps de grelotter ! 

Comme toujours le départ est compliqué car il faut être très vigilant pour ne pas être piégé par tout ce qui traîne sur le sol : bouteilles, vêtements, sacs plastiques ...

Les premiers kilomètres sont très agréables et je profite au maximum de l'ambiance si particulière de cette course. 

L’ambiance justement parlons en car elle sera, elle-aussi, un partenaire incontournable du coureur : plus de deux cent mille personnes sont présentes sur tout le parcours à porter littéralement les coureurs et à guetter parmi tous ces visages marqués par la fatigue et bien souvent la douleur, un proche ou un ami. 

Je gère ma course à mon rythme et surtout en fonction des sensations que me renvoient mon propre corps.Le vent est un invité inattendu et vient renforcer le froid ressenti pendant toute la course. 

Je me fixe des objectifs à très court terme et prend les choses comme elles viennent. 

C’est comme dans la vie de tous les jours ! 

Rivoli, Bastille, Faubourg Saint Antoine, Vincennes, Voie Georges POMPIDOU, Bir Hakeim,Bois de Boulogne...



Chacun de ces endroits, de ces passages restent gravés à tout jamais dans ma mémoire et mon vécu de coureur. 










Je sais par exemple que lorsque le peloton de coureurs commencent à se diriger ves les quais je ne vais pas tarder à sentir les douleurs inhérentes à la course et que celles-ci ne se calmeront pas de sitôt.


J'ai appris à vivre avec elles et à les supporter , elles me font sentir vivant et plus fort que tout.


C'est pourquoi jusqu'à présent j'ai appris à les dompter pour mieux les supporter. 


Et puis au kilomètre 30 mes amis Eric,Odile et Philippe ont patienté une bonne partie de la matinée pour me voir passer alors le moins que je puisse faire c'est de tenir bon.







Depuis le trentième kilomètre le mental a pris complètement le dessus et j'avance en pilotage automatique. 


Le regard bienveillant de la Tour Eiffel ne peut rien pour moi. 


Je continue le tête à tête avec moi-même et j'en fais mon affaire. 


Je mets un pied devant l'autre et m'appuie sur les ravitaillements pour tenir bon et continuer à avancer. 


Le bois de Boulogne arrive enfin et psychologiquement c'est un vrai soulagement même si il reste quelques kilomètres. 


J'alterne course et marche afin de rendre la fin du marathon plus supportable pour mes genoux. 


Si j'avais pu penser accomplir tout le parcours en moins de quatre heures , je vais très vite comprendre que cela ne sera vraiment pas possible. 


Le résultat montre bien qu'au fil des kilomètres le temps perdu ne sera pas rattrapé. 


Mais le plus important n'est pas là. 


C'est le marathon de l'amitié mais aussi de l'amour puisque deux cent mètres avant la ligne d'arrivé j'ai le grand bonheur de serrer ma femme et ma fille dans mes bras. 


Je savoure cette ligne d'arrivée et cette magnifique ambiance qui , par endroits,pouvaient faire penser à certains passages d'étapes du Tour de France rendus étroits par la proximité avec le public.  


Je retrouve les deux amours de ma vie quelques minutes plus tard auréolé de ma médaille et de mon coupe vent. 













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